samedi 19 septembre 2009

L'Ecole Polytechnique de Montréal



Il y a quatre universités à Montréal. L'école polytechnique fait partie de l'Université de Montréal. Située sur le flanc ouest du Mont Royal, la vue sur la ville y est superbe. J'ai pas tiré ça d'un dépliant publicitaire, c'est vraiment vrai. Mes jambes confirment ça, une vue ça se paye en énergie et les tapis roulant ne fonctionnent pas toujours...





Mais c'est plutôt de pédagogie que je voudrais parler.

Comme je le disais dans mon premier message, je suis venu ici en partie pour fuir mon école en France, Polytech'Paris. Suis-je satisfait ici ? Bien plus que ça. La différence de qualité dépasse ce qu'on peut imaginer.

Voici ce qui ne va pas à Polytech'Paris :

1) On a 10 matières par semestre, environ 30 heures de cours par semaine, une pause d'un quart d'heure toutes les heures et demi.

2) Les profs écrivent tout au tableau, comme en primaire. Sauf que là, on nous enseigne à la pointe de la Recherche. Mais on n'a pas le temps d'essayer de comprendre ce qu'on nous "enseigne", il ne faut pas prendre de retard sur le recopiage.


3) Souvent, on ne nous forme pas pour notre métier mais pour l'examen. Alors on est très forts en maths, mais on ne sait pas trop de quoi on parle.

4) Les cours sont obligatoires et l'attention en cours est demandée. Deux choses incompatibles, surtout en regard du premier point.

5) On ne se sert pas d'Internet. De la part des élèves, tout est manuscrit ; de la part des profs, tout est imprimé. Ca en fait des kilos de papier. Et je ne parle pas de l'efficacité...

6) Il est très rare de trouver un prof à la fois doué dans le fond et dans la forme. C'est souvent des personnalités européennes ou mondiales, reconnues pour leurs travaux mais qui sont incapables de les enseigner correctement. Malgré les plaintes des élèves, on les garde parce que l'école en tire une renommée.


Mais retournons à Montréal.



Qu'est-ce qui change ici ? Au moins tous ces points. Par comparaison :

1) J'ai 4 matières dans la session, 20 heures de cours par semaine, une pause de 10 minutes toutes les 50 minutes. On est en capacité d'écouter.

2) Les profs projettent leur cours sur un écran. On ne recopie pas, mais on prend des notes des explications complémentaires du prof. Ces notes n'existent donc nulle part ailleurs, elle sont alors utiles.

3) Pas de surplus d'équations ni de lettres grecques. Si ce n'est pas nécessaire à l'exercice de notre métier, on ne nous noie pas avec ça. L'essentiel c'est qu'on comprenne les phénomènes.

4) Aucun prof de cours magistral ne prête attention aux absences, ni à ce que les élèves font en cours tant que ça ne gène pas les autres. "On ne prend pas les absences, on n'est plus à la maternelle" ai-je entendu à la journée d'accueil. Quel bonheur d'entendre ça... Au premier cours que j'ai séché à Polytech'Paris, mon directeur m'a appelé sur mon portable pour que je me justifie. Mais on n'est pas à la maternelle, c'est vrai, les bébés n'ont pas de portable.

5) L'école a Internet et s'en sert. Il y a un site pour l'école et un site par matière. (Il y a des centaines de matières proposées.) Sur ce dernier on trouve le calendrier des cours, les notes de cours, les sujets de TP, etc. Les travaux à faire chez soi sont à rendre par document informatique sur ce site. Les forêts en sont bien contentes.

6) Les profs maîtrisent leur sujet et sont doués de pédagogie. De vrais profs, quoi. Là-dessus, certains québécois m'ont dit que ce n'était pas le cas de tous les profs. Je parle de ce que j'ai vu.



Cette photo est représentative des cours, personne n'écrit, tout le monde écoute. Et tout le monde apprend.

Et finalement je sèche moins de cours qu'en France, même si ce n'est pas surveillé ici.

Après cette session à Montréal, je rentre faire mon stage de fin d'études en France. Ces cours sont donc les derniers de ma formation. Une belle fin.


Je constate que mon discours n'a été que dans un sens. Je trouverai peut-être un jour l'antithèse. Je l'espère...

2 commentaires:

  1. Très bel article Etienne;)
    J'espère qu'un jour les choses changeront (à Paris)


    Ici à Trondheim ca ressemble à ce que tu expliques sur les cours de Montréal MAIS!!!!!!!!!
    MAIS! ===> Tu suis un cours sur la représentation des nombres?


    A la prochaine et bon courage l'ami.

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  2. C'est pareil en Norvège ? Je vais finir par être sûr que la France est en retard...

    Ouai je suis un cours sur la représentation des nombres ! lol
    "Logique des systèmes numériques", il a fallu commencer par apprendre à compter en binaire.

    Merci mon p'ti, pis bon courage à toi aussi. ;)

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